Roald Dahl, L’énorme Crocodile

Salle ! Vilain crocodile ! Son immense mâchoire. Il mange de tout. Surtout, les enfants pas sages. Mais, hélas, il déteste les baies. Pourquoi est-il si cruel, indomptable animal ? Pourquoi se croit-il le roi du monde ? Sans doute parce qu’il est sur son territoire. Affamé et orgueilleux, il effraye les animaux et les humains. Voilà pourquoi ce gigantesque ovipare est si détestable : il est méprisant.

Essayant de repousser la bête des villes, les animaux connaissent son appétit. Les enfants craignent ce reptile, aux écailles olives et à la gueule béante. Son corps proéminent témoigne de sa gloutonnerie et de sa dangerosité envers les humains. L’immense créature longiforme, tapie dans sa boueuse rivière, va-t-elle réussir sa terrible chasse ? L’énorme Crocodile va-t-il enfin pouvoir combler sa satiété en se goinfrant d’enfants innocents ?

Un récit enfantin et surréaliste, bourré de pièges et garni d’inventivité, du pure et simple Dahl. Le champion des contes et histoires a encore frappé, nous prodiguant un crocodile des plus méchants et sournois. L’oblong animal cherchant à se venger de l’espèce humaine, contrastant ainsi avec le reste de la faune. Cette dernière fait rempart à ses ruses machiavéliques et perfides, en prévenant les enfants qu’un piège est très proche. Cependant, l’animal n’est pas né de la dernière pluie, et aussitôt son piège défait, un autre se construit toujours.

En effet, l’intelligent ne pourra pas être plus sot que lorsqu’il a avoué son terrible et terrifiant plan aux animaux. Ceux-ci, inquiets, se réunirent aussitôt afin de protéger les enfants de ce lézard affamé et ambitieux voulant à tout prix les déguster. Roald Dahl critique l’orgueil, dénonce la fierté qui mène à la déchéance, les ruses de ce gredin, cet abominieux, ce méprignifiant gros iguane. L’utilisation de mots-valises est inévitable dans l’univers de Roald Dahl, donc de ce fait, on parvient à s’en accoutumer rapidement et aisément.

Pour finir, il n’est pas nécessaire d’en vouloir au croco, antagoniste forcé de cet ouvrage destiné à un public d’un âge peu élevé. Il est facile de se méprendre avec ce qui est naturel pour nous, humains, cibles indirectes de ces attaques animales, car la nature, sauvage, reste assez mystérieuse. Qui nous dit que certains animaux à l’apparence moins féroce ne monteraient pas un plan pour nous exterminer et ainsi reprendre leur place qui leur serait légitime ? Peu importe ce que l’on pense de l’impitoyable Nature, si sauvage et sanguinaire par rapport à notre monde sûrement bien plus civilisé et agréable ; est-ce sûr ?

Ne vaudrait-il pas mieux être comme ce crocodile, laisser parler notre ruse, car on le sait tous : « rien n’est plus délicieux qu’un enfant dodu et bien juteux ! »

Note : 7.5 sur 10.

Contraintes d’écriture : boule de neige croissante en 30 phrases, une heure et mot de départ : « Salle ».

1 réflexion sur « Roald Dahl, L’énorme Crocodile »

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