Marie Ndiaye, Hilda

Hilda, ma chère, je vous en prie, asseyez-vous sur mon confortable fauteuil pour que l’on puisse discuter de cet arrangement qui m’intére… nous intéresse à toutes les deux, n’est-ce pas ? Ne me répondez pas, cela ne sera pas nécessaire, je remarque déjà dans vos yeux que cet entretien nous mènera à votre embauche, j’en suis convaincue !

Vous le savez sûrement déjà, mais vous m’intéressez tout particulièrement. Pourquoi, me demandez-vous de vos yeux si implorants de ce contrat de travail ? Parce qu’une domestique n’est jamais de trop dans une habitation, en particulier quand cette domestique est fort belle, ravissante comme le jour, vous savez. Oui, c’est vrai, vous devez sûrement vous demander « Mais pourquoi moi, comment une jeune femme aussi banale que moi puisse un jour être embauchée dans une entreprise aussi … Grandiose que celle-ci ? » Ma réponse sera des plus simples ma chère Hilda : vous êtes somptueuse et cultivée, parfaite !

Votre mari, Frank, sera sûrement convaincu lui aussi de vous laisser à moi, bien que cela soit temporaire bien entendu ! Vous devrez cependant exécuter le moindre de mes ordres, la moindre de mes demandes, est-ce clair ? Je vois que vous l’avez compris ! Votre mutisme ne vous prive heureusement pas de paroles corporelles que, je suis sûre, vous ne soupçonniez guère !

Alors, acceptez-vous mon offre ? Oui, j’en étais sû… comment ça vous me faites « non » de la tête ? …

Hilda, l’accord là, l’avez-vous lu ? Le label libellé là-dessous, la lettre ? Laissez, lâche labrador ! L’oubliez-vous, la lamentation de Frank le lendemain de l’anniversaire de Corinne ? L’avez-vous louché lorsqu’il, lamentablement, leva l’honneur de la lignée de votre logis, me léchant l’annulaire pour « l’embauche d’Hilda » lors de l’entretient actuel ? Lisez-vous mes iris Hilda ? Lisez-vous l’indignation, l’envie et l’intérêt, libertine ? L’amitié, Hilda, … ligotez-la pour moi. Laissez Frank et livrez-vous à moi…

Laissez-vous m’appartenir…

Excusez-moi ma chère Hilda, je ne me souviens plus de ce que je vous disais … Ah si, ça me revient, vous disiez « non » de la tête il me semble ? Il serait vraiment regrettable que vous me résistiez, car cela me donnerait encore plus envie de vous embaucher ! Bien entendu, vous serez payée au prix que vous souhaitez … Oh, je remarque que vous esquissez un sourire 🙂

Je vois que vous commencez à vous montrer plus joviale, et ça me fait plaisir de voir que votre sourire fait ressortir votre beauté ! Travaillez pour moi, aidez-moi, car je vous aime Hilda, vous et personne d’autre. J’ai besoin de vous, et je serais prête à vous payez 50 francs de l’heure, je vous le garantis ! Vous seriez mon égale, je serais votre égale. Nous serions tous égaux, comme une grande famille, rien que nous deux, mes enfants, mon mari et mes tâches domestiques que je vous lègue. N’ayez craintes cependant, vous resterez proche de votre famille, de votre Frank ! Allons ma chère, accepteriez-vous de m’appartenir ? J’ai tant à faire et tant besoin de vous, vous et personne d’autre. Allons ma chère, laissez-vous m’appartenir …

Note : 3 sur 10.

Contraintes d’écriture : Tautogramme en L sur un paragraphe + personnification du lecteur

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