J. K. Rowling, Harry Potter à l’école des sorciers

A supposer que l’on vive dans un monde de sorciers, moldus que nous sommes, il ne serait point étonnant de voir une bouilloire cracher ses bulles par son couvercle ouvert, et sa fumée de son long et fin bec, de voir sa voiture rouler à une étonnante vitesse, filant à toute allure -que l’on imagine équivalente à de multiples chevaux, tous en bonne forme évidemment, d’aucuns ne sont atteints d’une quelconque maladie- afin de se rendre d’un bout à l’autre de la ville, il nous serait cependant étonnant -et le mot reste infime- de remarquer moult créatures, sorciers, balais volants et baguettes, se mouvoir devant nos yeux, qui on s’en doute bien, s’écarquilleraient de stupeur.

A supposer qu’une telle action s’effectuerait devant nous, quelle serait notre torpeur, notre choc vis à vis de cette scène, qui reste des plus banales lorsqu’on s’imagine être à la place de ce vaillant sorcier, chevauchant un balais, accompagné de sa chouette et de ses coéquipiers, jetant des sortilèges à tout va dans l’air, dans l’eau, au travers d’une rue bondée de gens qui s’affairent immobiles en contrebas, tentant de ne rien rater de cette scène aussi inhabituelle -parce qu’en effet, il n’était pas rare de voir des oiseaux voler bas dans cette rue, mais des sorciers, cela n’était jamais encore arrivé au 4 Privet Drive, à moins de souffrir d’hallucinations, ce qu’aucune maladie du quartier n’octroyait à ses occupants-, surtout qu’en réalité, ce sorcier sur son balais n’était nul autre que le célèbre sorcier Albus Dumbledore, arrivant en pleine nuit dans une rue vide et extraordinairement calme, et bientôt dénuée de lumière.

A supposer qu’un enfant, aussi normal et humain que d’ordinaire, à savoir ayant deux bras, deux jambes, une tête surmontant ses deux épaules, sans porter dans ses gènes une quelconque maladie, puisse un jour se retrouver au 4 Privet Drive, déposé devant la porte par un demi-géant portant le doux nom d’Hagrid, était aussi étonnant que de voir un chat se métamorphoser en humain -et non point le contraire- devant la même propriété, servant alors de scène au spectacle des plus époustouflants, entre ce vieillard, cette femme-chat, cet homme plus grand que d’ordinaire, et cet enfant né peu avant la défaite du célèbre mage noir, celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, dont la funeste action, où dû moins celle qu’on pense être la funeste, laissa à l’enfant prénommé Harry une cicatrice en forme d’éclair.

A supposer que cette histoire relate l’enfance terrible et insoutenable d’Harry, enfant banal sans aucun doute, hormis son arrivée dans ce lieu -dont charmant ne serait point un adjectif approprié pour décrire cet endroit lorsqu’on connait les supplices que les propriétaires offrent à leur adoptif forcé- , même si à son âge, des éléments sèment la discorde dans son esprit, accablé par certaines facultés magiques qu’il constate mais dénie, certain que son cerveau lui joue des tours, ou que son corps soit atteint d’une étrange maladie, il est nécessaire d’admettre que J. K. Rowling détient les clefs d’un récit fantastique plein d’aventures magiques, d’amitiés complexes mais aussi de suspens et de retournements de situations qui nous font rêver depuis déjà de nombreuses années.

A supposer qu’Harry Potter, le Survivant, L’élu, puisse un jour vaincre une nouvelle fois le seigneur des ténèbres, c’est la lourde tâche que l’auteure lui a conféré, lui dont l’apparence chétive, presque maladive, lui, âgé toutefois que d’une dizaine d’années, serait-il en mesure de vaincre l’un des sorciers les plus puissants de sa génération -bien que son apparence laisse penser, pour tous moldus, à une maladie de peau- , et qui a commis autant de crimes, meurtres, pillages et carnages qu’autant de sorciers le précédant, sans compter les maintes tortures et menaces, ainsi que ses fervents partisans, cruels et perfides.

A supposer qu’Harry Potter ne soit pas accompagné par ses fidèles amis, Ron Weasley et Hermione Granger, dont l’importance est sans conteste, et l’aide qu’ils lui apportent est indescriptible, à la fois sur le plan moral, mais aussi physique, Harry serait seul, abandonné, non point rejeté car sa célébrité lui octroierait des amis et des connaissances, mais il ne disposerait pas de ce soutien sans faille et demeurerait en danger de mort par Voldemort -dont le nez inexistant n’est pas dû à une quelconque maladie- , bien que ce dernier ait disparu lorsqu’Harry avait un an, ne laissant sur son front qu’une simple cicatrice, témoin de son dernier sort.

A supposer, cependant, qu’Il revienne -et il serait réellement dangereux alors pour Harry de rester seul-, Harry peut encore compter sur Dumbledore, ennemi du Seigneur des Ténèbres, qui saura alors l’aider et le soutenir, à condition d’être à Poudlard, et c’est ce que va découvrir Harry, encore novice dans le monde de la magie, sorcier inexpérimenté au destin déjà tracé, qui va devoir, avant d’affronter ce terrible fléau, affronter sa première année à l’école des sorciers, mais il ne faudrait pas que Dumbledore disparaisse … Avada Kedavra et ce serait la fin d’une épopée à peine commencée, ce sortilège ne provoque pas n’importe quelle maladie, mais bien une mort certaine, où du moins, lorsqu’on ne s’appelle pas Harry Potter, le Survivant.

Note : 9.5 sur 10.

Contraintes d’écriture : « A supposer » en une phrase, 7 paragraphes, une heure, mot imposé « maladie »

1 réflexion sur « J. K. Rowling, Harry Potter à l’école des sorciers »

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