Projection au Double Rex

Assis dans le fauteuil noir bien trop grand pour moi, je venais d’assister à 1h36 de pur chef-d’œuvre. Le film, d’une si rare qualité, retraçait le parcours fictionné d’un groupe de femmes et d’hommes partis à la recherche des Aliens. Le sujet m’intriguait : depuis ma plus tendre enfance, j’écoutais avidement toutes les histoires qui évoquaient de loin ou de près la rencontre avec l’Ailleurs. Au fond de moi, je voulais y croire, mais aucun argument n’était venu appuyer mes opinions.

J’aimais rester jusqu’au bout des génériques, ma fascination pour les prénoms y jouait pour quelque chose. J’imaginais y trouver des informations exclusives, des scènes inédites ou encore des prédictions. Bien souvent, je sortais de la salle avec seulement quelques prénoms en tête. Mais cette fois-ci, la toute dernière phrase du générique ouvrit en moi une dimension nouvelle : le chef-d’œuvre était « inspiré de faits réels ».

Comment était-ce possible ? D’où venait cette réalité ? J’épluchais depuis toujours les nouvelles sur l’Ailleurs, et aucun groupe n’avait fait la une des actualités durant les dernières années. Cette information du film était cependant très bien gardée : le générique durait plusieurs dizaines de minutes et sans surprise, j’étais le dernier à quitter la salle obscure. Étais-je le seul spectateur en possession de cet élément ?

Les acteurs et le staff technique étaient forcément au courant de ça, comment auraient-ils pu ne pas l’être ? En dehors de toutes ces considérations, je devais tout de même rentrer chez moi. En me levant, je crus voir passer une silhouette sombre entre les sièges. En l’absence de lumière, le doute me plongea dans ses circonvolutions. Je regagnais très rapidement la porte de sortie, en espérant être submergé par les lumières du hall. Mais le cinéma, Le Double Rex, ne m’offrit pas ce bonheur : la nuit avait envahi les murs.

Sans attendre, je me dirigeais vers la sortie, je connaissais bien le lieu, le fréquentant assidûment. En passant par la porte réservée aux personnels, j’arrivais sur le parking arrière, bien à l’abri des lampadaires des villes. Une lumière m’aveugla rapidement, comme un voleur pris sur le fait. Je sentis une chaleur envahir mon corps, la même que dans le film. Le faisceau de lumière blanche m’enveloppa, mon corps se souleva pour rejoindre l’habitacle gris métallique. 

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