Yves Grenet, Nox (tome 1)

A supposer que toi lecteur, tu te réveilles dans une ville basse, envahie d’un épais brouillard, le nox, dans lequel tu ne peux pas respirer, dans lequel tu es obligé de fournir de la lumière par la force de ton corps, tout ton corps est mobilisé pour ta survie et celle de tes proches et de ta famille, et même quand tu respires, tu dois faire attention de ne pas emmagasiner trop d’oxygène, car l’oxygène dans le nox est aussi rare que le soleil, celui qui ne vient plus sur ta peau, où la pollution et la saleté ont pris sa place dans ton quotidien.

A supposer que tu regardes maintenant vers le haut, tu vois la belle ville haute, où les hommes et les femmes comme toi évoluent dans un environnement sain, loin de la misère dans le nox, où ces mêmes hommes et ces mêmes femmes mangent et prennent des douches tous les jours, les enfants que tu connais dans le nox, là-haut, vont à l’école, et l’énergie que tu dois fournir tous les jours pour t’éclairer, eux là-haut possèdent l’électricité, eux possèdent la richesse, toi, la pauvreté.

A supposer maintenant que tu veuilles en finir avec cette rupture entre les deux mondes, tu souhaites t’engager dans le parti des réunificateurs, où des hommes et des femmes du bas et du haut veulent se retrouver, les uns comme les autres pensent qu’il y a assez de richesse pour tout le monde, tu décides de retrouver tes amis dans le nox, Lucen, Jea, Maurce, tous ceux qui comme toi sont enclins à vivre mieux, loin de cette société de domination, où les riches possèdent et les pauvres décèdent.

A supposer que tu t’engages pour un monde égalitaire, tu te retrouveras face à une milice et une police qui ne laisse rien passer, pour eux, les villes doivent rester coupées en deux, où les riches dominent dans des luxueux palaces, où les pauvres ne mangent que les restes et crèvent dès la naissance, tu te retrouveras face à un régime totalitaire, bien loin de la démocratie où ta voix serait entendue au même titre que les autres, tu devras lutter chaque jour pour survivre, ta tête sera mise à prix.

A supposer que tu envisages de rejoindre le monde d’en haut, pour tenter de trouver une vie meilleure, plus belle et douce, là-haut, la milice est aussi toute puissante, elle ne veut pas d’un immonde vagabond comme toi qui vient de la ville basse, qui arrive en étant sale, jamais lavé, d’autant plus qu’on t’apprend depuis la naissance que l’eau pourrait te tuer, oui car dans la ville basse, il vaut mieux croire que l’eau tue que croire que l’eau soigne, puisque l’eau est quasiment inexistante.

A supposer que tu passes la frontière, tu te retrouverais là-haut entouré de gens tout beau tout propre, et toi, tu seras pointé du doigt comme un vulgaire animal, alors que faire, toi qui souhaites t’émanciper de la joug de la domination, je ne vois qu’une seule chose pour toi, la lutte sera ta nouvelle amie, tu prendras les armes pour combattre la milice et tous ceux qui veulent persévérer dans la voie de la séparation, mais la lutte sera houleuse et longue, peut-être n’en verras-tu jamais la fin.

A supposer que je t’ai donné envie de rejoindre notre mouvement, celui qui lutte pour améliorer notre quotidien, alors je m’en ravis, bienvenue à toi, il ne te reste plus qu’à te créer une zone de protection, à surveiller tes moindres faits et gestes, je te conseille comme moi d’adopter un pseudonyme, pour te rendre anonyme, pour te permettre de continuer le travail, tu dois aussi éteindre ta lampe, devenir invisible, être un furtif dans le brouillard, c’est plus facile pour vaincre l’ennemi quand il ne peut pas te voir.

A supposer que maintenant tu me suives, ce soir je dois partir au port pour préparer des marchandises, il me faudra de l’aide, l’objectif de ce soir et de préparer une nouvelle attaque dirigée contre les miliciens, ceux qui ont tué ma famille hier soir, alors si tu veux commencer ce soir, je t’accueillerai dans mon équipe, je te mettrai en relation avec les autres, et ensemble, on pourra pousser notre combat jusqu’à sa victoire, car ensemble, nous sommes bien plus nombreux que les indigents qui veulent continuer la séparation, à nous la richesse et l’égalité.

Note : 9 sur 10.

Contraintes d’écriture : à supposer + personnification du lecteur, 8 paragraphes (pour plus d’explications, voir la page des contraintes d’écriture)

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