Testament du vivant

Au départ, Hector calmait ses angoisses
En nourrissant ses veines, elles avaient soif
Comme une envie inextinguible de boire
Le contenu d’un verre, puis d’une table
Le tout à la fois, de manière inépuisable.

Ses tentatives pour calmer le feu de son sang
N’avaient jamais connu de triomphes,
Son corps à peine âgé de vingt-et-un ans
Faisait naître dans les yeux du monde
Un profond malaise, une gêne féconde.

Hector le savait, mais ne pouvait pas lutter
Il contemplait son corps qui lui échappait,
Son joli sourire, rayé de quelques ulcères,
Son front bardé de boutons, ses cheveux brûlés,
Que pensait-il de l’avenir ? Plus rien à faire.

Il imaginait son sang jaillir de ses orifices
Comme des milliers de plaies incurables,
Son sang brûlant rencontrant le sol froid
De son appartement rue du Sacrifice,
Hector, était-ce une coïncidence ? Impensable.

Il avait tant essayé pour sortir de sa torpeur,
Son corps tout entier évoquait sa peur
Née avec lui, elle était sur son épaule
Depuis ses premiers pas, et un matin rose,
Elle entra en lui par une première nécrose.

Il avait à peine douze ans, s’en souvient-il ?
Il était tombé ensuite dans un sombre poison
Celui de la boisson, pour calmer ses pulsions,
Sa langue râpeuse cherchait le feu liquide,
Qui brûle les gorges pures et les visages vides.

Je sais que vous lirez ce poème Hector
Ne soyez pas confus devant ces lignes,
Votre combat est honorable, vous êtes digne
D’acquérir la plus belle médaille d’or
Vous qui tentez de reconquérir votre vie.

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